Avez-vous trouvé un rythme de travail dont le tempo vous convient ?

Atorg

Par Jean-Baptiste Huot.

Au bout de combien d’heures un mail sans réponse devient-il une marque d’irrespect ou d’impolitesse ?
Gérez-vous facilement le fait que votre manager ne soit pas sur le même lieu de travail que vous ?
Combien de temps consécutif vous autorisez-vous à consacrer à un collaborateur ou un collègue sans jeter un œil à votre smartphone ?
Si nous comparions nos réponses à ces questions, nous constaterions probablement des écarts et variations significatifs.

Un équilibre personnel.

Nouvelles applis, travail avec des filiales éloignées, nouveaux sites collaboratifs, restructuration, nouveaux réseaux sociaux internes à l’entreprise, passage à SAP … : autant de nouvelles façons de communiquer, de nous organiser ou de travailler auxquelles nous nous adaptons avec plus ou moins de plaisir, plus ou moins de souplesse.

Chacun de nous construit ainsi son équilibre en matière de rythme de travail et définit ses propres limites : ce qu’il considère ‘normal’ et ce qui à ses yeux relève de ‘l’exceptionnel’ voir de ‘l’inacceptable’. Par exemples, certains d’entre nous considèrent comme pratique le fait de pouvoir vérifier ses emails après le diner, alors que d’autres vont considérer cela comme une intrusion dans leur vie privée. Certains optent pour le partage de l’agenda alors que d’autres reviennent à l’agenda papier.

Quel qu’il soit, cet équilibre est de plus en plus personnalisé, de moins en moins manichéen. Fini le temps où la prise de vacances suffisait à justifier l’injoignabilité; fini aussi celui de la séparation hermétique entre travail et domicile. La porosité entre le temps personnel et le temps professionnel influence nos rythmes.

Une harmonie à renouveler sans cesse.

Cet équilibre n’est jamais totalement acquis, car il peut être modifié, de façon contrainte ou choisie, par l’appropriation d’un outil plus ludique, par un changement de contexte ou de poste (avec une équipe à l’autre bout du monde par exemple), par une réorganisation collective de l’entreprise ou encore par une opportunité du télétravail. Certains changements nous plaisent, et d’autres nous sont plus pénibles : « j’adore mon poste, mais travailler avec l’Asie m’est difficile à cause du décalage horaire. »

Ainsi notre rythme est personnel, il varie au fil du temps, et celui des autres aussi. Cette diversité et cette personnalisation des rythmes nous amènent à aussi bien explorer la dimension créative que surveiller les risques potentiels. L’excès de rigidité peut rapidement isoler, si nous refusons par exemple d’évoluer avec les nouvelles technologies. L’excès de souplesse peut faire perdre le sens des priorités ou contraindre un individu à ne pas respecter son rythme (le zapping intempestif peut être une fuite en avant désordonnée).

Le bon équilibre pour soi.

S’il est compréhensible qu’une forme d’adaptabilité et de fluidité soit aujourd’hui valorisée, prônant par exemple la capacité à solliciter différents médias en parallèle, il est tout aussi compréhensible d’agrémenter cette adaptabilité de quelques précautions pour la vivre ‘dans un tempo’ acceptable et réaliste.

Vous pouvez réfléchir à votre équilibre en vous posant ce type de question :

  • est-il facile pour vous de changer de rythme et de passer d’une activité de réflexion collective à un temps de sédimentation plus personnel ?
  • que préférez-vous : vous concentrer sur une réalisation mono-tâche ou au contraire être stimulé via une séquence multi-tâches ou interactive ?
  • dans quelles situations êtes-vous le plus efficace ?

La musique de nos rythmes de travail est ainsi personnelle et régulièrement renouvelée. Et cette musique entre en résonnance avec celles des autres, ce qui nous incite à intégrer le fait qu’ils n’ont pas tous le même rythme que nous. Dans une organisation, comment faire pour avoir une horloge commune, des tempos accordés ?

Nous ne prétendons pas au travers de cet article apporter de solution miracle (pas de baguette magique musicale, désolé !). Ceci dit le simple fait de prendre conscience que nous avons notre propre musique et qu’il existe d’autres tempos est déjà un joli pas en avant. Ou de l’art d’écouter les fréquences qui nous conviennent, d’accepter que celles des autres puissent être différentes… puis de prendre plaisir à faire ses gammes, à composer ensemble !

Et vous, aujourd’hui, quelle est votre musique : Rock ? Bossa-Nova ? Down tempo ? Metal ?